« Vivre dans le désert, dans une école avec un skatepark privé. »
Un niveau plus haut que ce qu'on imagine
Mike Boisvert a passé environ un mois au Pérou en 2025, surtout à Lima, et la première chose qu'il veut qu'on comprenne, c'est le niveau. Il ne l'avait pas vu venir. Une session à Lima a duré à peu près deux heures, et il la classe encore parmi les meilleures qu'il ait filmées. « L'une des sessions les plus techniques que j'aie jamais vues. Tout le monde déchirait. » Côté industrie, il place le Pérou quatrième en Amérique du Sud, derrière le Brésil, l'Argentine et la Colombie, mais le talent ne suit pas ce classement. Ce qui l'a marqué tout autant, ce sont les gens : selon lui, les skateurs péruviens sont accueillants et travaillants, avec de la bonne bouffe, du beau temps et du bon monde autour. La vidéo de cette session est ci-dessous.
Le premier Golden Ticket de Mike
Deyvid Anderson (@deyvid_anderson) est le choix numéro un de Mike au Pérou, et le premier skateur à qui il a remis un Golden Ticket JACKALOPE. « Je l'avais à l'œil depuis un bout. » Le billet l'a envoyé à JACKALOPE Virginia Beach et Mississauga en 2025, et il est revenu à Virginia Beach en 2026, où il a fini troisième en Men Street. Quand Mike a fait la vidéo, il disait de Deyvid qu'il était le skateur le plus sous-estimé du continent. Il a skaté la Street League depuis, alors Mike trouve que l'étiquette ne colle plus. Jair Urbano (@jairurbanoo), la vraie carte cachée de la gang, a fait le voyage à Virginia Beach deux fois. Les deux y ont eu droit à une surprise que Mike a montée avec l'équipe JACKALOPE : un saut en parachute. « David avait tellement peur. Jer, lui, c'était genre : ah, let's go. »

Angelo Caro
Angelo Caro (@angeloxcaro) est le plus grand nom du skate péruvien : cinquième en Men's Street aux Jeux de Tokyo, habitué de la Street League, et gagnant de JACKALOPE Virginia Beach 2024, devant Ivan Monteiro (@ivanmonteirosk8) du Brésil. Il est remonté sur le podium là-bas en 2025, en troisième place. Mike ne fait pas de détour. « Angelo Caro est le meilleur skateur de la planète. Il peut tout faire. » Il parle d'habileté pure, dans la discipline d'Angelo, et il en a vu la preuve de ses yeux : un trick en big flip sur un rail énorme, du premier coup. Angelo est aussi le contact local que Mike nous a donné pour le pays. Sa vidéo est ci-dessous.

Le prochain
Quand on lui demande qui est sous-estimé aujourd'hui, Mike nomme Paul Bellido. À ses yeux, Paul est au même niveau qu'Angelo, « un peu plus rough », et il vient de publier un trick en switch vers un frontboard sur un rail qui le prouve. Un ami colombien de Mike, qui a vécu environ huit ans à Lima et y a commencé le skate, a ajouté quelques noms à suivre : Helaman Campos, et Joaquín Goto, commandité par Adidas et maintenant installé à Tampa.
Où skater à Lima
Le Pérou n'est pas un pays de street, et Mike explique pourquoi : les spots de rue sont rough. Les Péruviens skatent des parcs, et Lima en a de bons. Le Miraflores Skatepark est au bord de la plage, un bel endroit et l'ancien point de rencontre, même si ce n'est pas le parc le mieux construit en ville. Le tout neuf, c'est le Skate Plaza Magdalena del Mar, ouvert depuis quelques mois à peine quand Mike y était. Tout près, il y a un parc privé géré pour la fédération, pour l'entraînement officiel et les événements internationaux; le pays finance ses athlètes olympiques. Et pour le street, il y a Larcomar, à dix minutes du parc de Miraflores. « C'est le MACBA du Pérou. » Allez-y en fin d'après-midi; c'est là que les skateurs arrivent. L'ami de Mike a aussi signalé Loma Amarilla, à Surco, qui vient de rouvrir. Le numéro un de Mike pour skater, c'est simple : Lima, partout.
Boutiques et noms à suivre : Limited Shop Peru, Faster Skateshop, CVD Skateshop, SK Outlet (la plus grosse boutique, selon l'ami de Mike) et la Peru Skate Association.
Vivre dans le désert
Lobitos est un village de surf d'environ mille habitants au milieu du désert, pas touristique du tout. Mike a vécu à Wave Lobitos, une école communautaire gratuite gérée comme un organisme sans but lucratif, grâce aux dons, avec du surf, un bowl et du street. Il a appris des tricks de transition aux jeunes et les a vus apprendre vite. Il s'est aussi blessé au dos en skatant à sept heures du matin et a passé cinq jours au lit. Ça n'a rien changé à son verdict. « Lobitos, c'est ma plus belle expérience en Amérique du Sud, je pense. »
Perukistan
Dans les collines de Villa María del Triunfo, en bordure de Lima, Willy Jenson a bâti une rampe DIY, dans un paysage que Mike surnomme Perukistan. Avec un local à ses côtés, ça n'a jamais semblé dangereux. La rampe, c'est une autre histoire : elle est tellement difficile que Mike n'a pas réussi à la skater. Patrick, un des locaux, lui, y arrive.

Si vous y allez
Prévoyez deux semaines au strict minimum. Mike avait un mois et ce n'était pas assez, et le pays est long, alors prenez l'avion entre les régions. Il s'est senti en sécurité tout le long, et c'est abordable. La bouffe est la meilleure d'Amérique du Sud selon lui, dans le top trois mondial, et pas chère, alors faites un tour gourmand à Lima. Le Machu Picchu, c'est le classique. Le lac Titicaca, c'est l'étrange : à près de 4 000 mètres, Mike a fait un kickflip sur une des îles flottantes et dit qu'il est le premier skateur à l'avoir fait. Il regrette une chose, une oasis de sandboard qu'il a vue passer d'un autobus de 27 heures sans s'arrêter. Et une histoire qu'il raconte encore : un dentiste qui skate et suit la chaîne lui a réparé les dents gratuitement, dans un sarrau avec un patch Powell Peralta, et ensuite ils ont fait un double flip ensemble.


Le frein ici, c'est l'économie, et ce qui aiderait le plus, selon Mike, c'est un contest. Il a déjà choisi la ville. « Je dirais un JACKALOPE à Lima. »
Mike Boisvert : « Le Pérou a un très haut niveau de skate. »
Photos et vidéo : Mike Boisvert / The Skate Nomad. Une série du Skate Atlas de JACKALOPE, un pays à la fois, avec les skateurs qui y vivent. Voir tous les pays sur la carte.