« On a pris un autobus vers la campagne avec 50 skateurs, presque la moitié des filles, et on a descendu la côte toute la journée. »
Petite scène, grosse énergie
Le Kenya est un grand pays avec une très petite scène de skate. Mike Boisvert l'estime à 50 skateurs, peut-être 70 dans tout le pays. Ce qui manque en nombre est compensé par la seule chose que le béton n'achète pas. « On dit que le Kenya, c'est le cœur de l'Afrique. Le monde est vraiment chaleureux. » Tout le monde skate ensemble, personne ne court après les Olympiques, et il y a une proportion frappante de skateuses, chose rare dans la région.

Le seul parc du pays
Shangilia, construit avec skate-aid, se trouve dans un orphelinat en périphérie de Nairobi et c'est le seul skatepark encore debout au Kenya. Un bon parc, repeint régulièrement en couleurs vives, avec tout ce qu'il faut. Deux bémols : c'est loin du centre, et l'entrée est payante (les jeunes qui y vivent skatent gratuitement). « J'ai vu bien pire en Afrique, c'est certain. »

Le spot préféré de Mike est sur un toit
Le DIY sur le toit du Business Bay Mall, c'est celui où il retournerait. Quelques banks, un quarter pipe, un sol assez rough pour te garder honnête, et toute la ville derrière. L'endroit sert aussi de repaire aux breakdancers. Mort en pleine chaleur, vivant la nuit. « C'est mon spot préféré à cause du vibe, de la ville autour, et les obstacles sont chill. J'aime ça. » Quelques spots de street au centre-ville complètent la carte.
Trois skateurs à connaître
Skitty (@moonsoon_skater) est le choix de Mike comme meilleur skateur du Kenya : bâti comme un gymnaste, avec un nollie heel et un tre flip qui valent le suivi. Mo Eazy (@moeazy) est un rappeur américain installé à Nairobi qui fait de la musique pour la scène et la pousse partout où il peut; ses tounes se retrouvent dans les vidéos de Mike. Ian Magby (@magbydeliic) tient une boutique de skate et enseigne, ce qui compte plus qu'on pense : la plupart des pays africains n'ont aucune boutique. Le crew qui relie tout ça, c'est la Skateboard Society of Kenya.

La session de la Saint-Valentin
L'histoire que Mike raconte du Kenya n'est pas un trick. Cinquante skateurs entassés dans un autobus le jour de la Saint-Valentin, direction la campagne, et une journée complète à descendre des côtes en s'accrochant à des motos pour remonter. Environ la moitié du groupe était des filles. YouTube a retiré sa vidéo à cause des images de moto. « C'était une si belle vidéo. On ne voit pas ça souvent. »

Ce qui freine la scène
L'argent et les parcs, dans cet ordre. Le salaire moyen rend une planche complète irréaliste pour un jeune du bidonville, et il y a un seul parc à skater. La lecture de Mike est simple : « Plus tu as de planches, plus tu as de skateurs. »
Si vous y allez
Nairobi est moderne et la vie nocturne y est vraiment bonne. C'est aussi l'une des seules capitales au monde avec un parc national à l'intérieur de la ville : des girafes et des éléphants avec des gratte-ciels en arrière-plan. Le Giraffe Centre coûte environ 10 $ et prend quinze minutes. Et les safaris sont la raison pour laquelle la plupart des non-skateurs viennent.

Mike Boisvert : « Ce qui est sous-estimé, c'est l'énergie. Ils dansent, ils chantent, ils sont tellement drôles. Je les aime pour ça. »
Voir la vidéo Kenya
Photos et vidéo : Mike Boisvert / The Skate Nomad. Une série du Skate Atlas de JACKALOPE, un pays à la fois, avec les skateurs qui y vivent. Voir tous les pays sur la carte.