Skateboard au Salvador : l'autobus de skate, le Monumento et Bitcoin Beach

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Skateboarding in El Salvador: Mike Boisvert holds up his board in front of a graffiti-covered bowl, the Salvadoran flag behind him. Photo by Mike Boisvert / The Skate Nomad

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« Après cette journée-là, je me suis dit : man, il faut que je parte une chaîne YouTube. Ces moments-là sont insensés. »

L'autobus

Six heures du matin, quelque part au Salvador, un autobus démarre avec trente ou quarante skateurs à bord, direction l'autre bout du pays pour un contest. Quelqu'un a apporté un rail. Le temps que l'autobus arrive sur l'autoroute, on le grinde dans l'allée, bière à la main, à sept heures du matin. Mike Boisvert était dans cet autobus, environ cinq mois après le début d'un voyage commencé juste à côté, au Guatemala. Il a gagné le contest, ramené une médaille et passé deux heures à descendre des côtes ensuite. Il n'a presque rien filmé, et c'est exactement le point. « Je regrette de ne pas avoir un épisode de cette journée-là, parce que cette journée était folle. Après ça, je me suis dit : il faut que je parte une chaîne YouTube. » Il avait peur de se lancer. Le Salvador, c'est là où il a manqué d'excuses.

Skateboard au Salvador : un skateur grinde un rail installé dans l'allée d'un autobus en marche, en route vers un contest. Photo de Mike Boisvert / The Skate Nomad

Une scène plus mature que ses voisins

Comparé au Guatemala, où Mike venait de passer son premier mois sur la route, le Salvador skate plus, et skate de façon plus organisée. C'est un plus petit pays avec plus de skateurs, plus de parcs, plus de boutiques, plus de tout. « Je dirais que le Salvador est une scène beaucoup plus mature. Et les gars sont vraiment amicaux, man. Super, super amicaux. Ils aiment avoir des skateurs étrangers autour. » Le surf reste le sport dominant, mais la communauté skate est réelle, et elle est branchée sur le reste de la région : les skateurs du Guatemala, du Salvador, du Honduras, du Nicaragua et du Costa Rica passent facilement d'un pays à l'autre et organisent des contests réservés à l'Amérique centrale. Mike en a gagné un au Nicaragua pendant le même voyage, seul étranger de la liste.

Les boutiques ont pris soin de lui avant que personne ne sache qui il était. Gravity Board Shop lui a donné un rail de fingerboard, le premier qu'il a jamais eu; il voyage encore avec un fingerboard, roule maintenant pour Blackriver et a gagné un contest à Helsinki cette année. Addikt, une marque locale avec sa propre boutique, lui a donné un t-shirt. Rebel Skateshop est l'autre arrêt. « Ils m'aidaient beaucoup, et à l'époque j'étais juste un skateur random. Ils ne faisaient pas ça parce que j'avais des abonnés. C'est juste du monde vraiment gentil. » Pour les images, le crew, c'est The Nice Guys, qui filment du street avec de vraies caméras, et les pages El Salvador Skateboarding et KR Multimedia SV font circuler le footage.

Skateboard à San Salvador : l'équipe de Gravity Board Shop avec le rail de fingerboard offert à Mike Boisvert. Photo de Mike Boisvert / The Skate Nomad

Où skater

Le cœur de la scène, c'est un monument. La plaza autour du Monumento al Divino Salvador del Mundo, à San Salvador, probablement le monument le plus important du pays, est skatée depuis au moins trente ans et reste le point de rencontre. « C'est le spot où tout a commencé. Et ils skatent très bien, en plus. » C'est le numéro un de Mike au pays. Pour un parc, Zacamil est celui qu'il faut : gratuit, couvert d'art, avec tous les types d'obstacles collés ensemble. « Il y a tout. C'est comme le milieu du chaos. » Il y a aussi un deuxième bon parc dans la capitale, celui avec le gros hip de béton dans les photos plus bas. Les spots de street viennent avec la règle habituelle, savoir quand partir; sa phrase résumé, tirée des notes qu'il nous a envoyées : « J'essayais un switch noseslide sur un 20-stair et je me suis fait sortir avec un shotgun. »

Sur la côte, El Zonte a un skatepark et un bowl plantés juste devant la vague, à deux minutes de l'eau. Le bowl est plutôt mellow, il est repeint tous les quelques mois, et la vue pardonne tout. La Libertad, la ville d'à côté, a sa propre scène. Depuis la visite de Mike, un nouveau spot appelé Shred Plaza a poussé à El Zonte; il ne l'a pas vu, mais ce coin surf et skate de la côte continue de se construire.

Le Salvador a aussi attiré d'autres athlètes JACKALOPE. Chad Caruso, qui a traversé les États-Unis en skate, en solo, en 2023, pour finir sa route à JACKALOPE Virginia Beach, est parti à la recherche du plus gros quarter pipe du pays. Sa vidéo est ci-dessous.

Les skateurs à connaître

Kel Rivera (@kel_rivera00) est celui que Mike appelle un ami et le leader de la communauté : skateur et photographe, l'homme derrière The Nice Guys, et celui avec qui il filmait au Monumento. Josimar Perez (@josimarperezz), c'est la nouvelle génération. « Ces gars-là ont vraiment du talent. Il y a un bon niveau au Salvador. » Cesar Zelaya (@ca_zelaya420) complète le trio. Et un nom que Mike avait oublié sur sa liste : Rhinna (@rhinnableu), une skateuse qui fait des kickflips et des 50-50, qui a voyagé avec lui pendant une partie du séjour et qui tenait une chaîne YouTube où elle lui a fait passer sa toute première entrevue en anglais. « J'avais tellement peur. Je tremblais, man. » Ils s'étaient perdus de vue pendant trois ans et se sont reparlé la semaine où on a enregistré ceci.

Skateboard à San Salvador : l'intérieur de la boutique Addikt, les planches au mur. Photo de Mike Boisvert / The Skate Nomad

Tourisme de poutine

Cinq ou six mois après avoir quitté le Québec, Mike était dans ce qu'il appelle aujourd'hui sa phase de tourisme de poutine : en trouver une dans chaque pays. Il en a trouvé une à San Salvador. Il lui a donné 6,5, pour l'effort et les ingrédients frais, et tient à ce qu'on note que ce n'était pas une poutine. « C'était dégueulasse. Mais ça faisait cinq mois que j'étais parti du Québec, alors. »

Si vous y allez

El Zonte, c'est la ville, surtout si vous surfez : la plage, les vagues, le bowl devant la vague, et quelque chose qu'on ne trouve pas sur beaucoup d'autres plages, de la crème glacée qu'on paie en Bitcoin. Les locaux l'appellent Bitcoin Beach, il y a une école de Bitcoin, et Mike, qui se fiche des cryptos, est allé à un party Bitcoin par curiosité. À l'intérieur des terres, c'est un pays de volcans autant que le Guatemala : le volcan Santa Ana a un lac dans son cratère, le parc national El Boquerón vous met sur le bord d'un autre, et la région de Santa Ana a des sources chaudes et une lagune. On mange bien et le pays était très peu cher quand Mike y était. Sa réputation a complètement changé en quelques années, et sa lecture sur le terrain est simple : c'est un endroit sûr pour voyager maintenant, et les skateurs vont s'occuper de vous de toute façon.

Salvador : un cône volcanique vu du sentier qui monte au volcan Santa Ana. Photo de Mike Boisvert / The Skate Nomad

Mike Boisvert : « Du monde super gentil, man. Le Salvador au top. »

Photos : Mike Boisvert / The Skate Nomad. Vidéo : Chad Caruso. Une série du Skate Atlas de JACKALOPE, un pays à la fois, avec les skateurs qui y vivent. Voir tous les pays sur la carte.